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Le Domaine Saint-Laurent, ce sont 140 hectares de terres et de forêts sur les hauteurs de Cluny. Sur ce Domaine, propriété de Terre de Liens, plusieurs acteurs exercent leurs activités respectives, chacun oeuvrant à sa manière à faire vivre ce lieu millénaire.

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LE DOMAINE SAINT-LAURENT,
UNE HISTOIRE MILLÉNAIRE…

Le Domaine de Saint-Laurent est un lieu habité depuis des temps immémoriaux, comme en attestent les nombreuses tombes celtiques dans la forêt près de la ferme, et les vestiges de pierres taillées que le promeneur averti peut y ramasser encore aujourd’hui.

Les terrains variés de ce vallon blotti entre Cluny et le village de Château ont de tout temps fait de Saint-Laurent un endroit propice à une agriculture diversifiée, que n’ont pas manqué de faire nos ancêtres. Les premiers bâtiments datent du XVIème siècle et sur le cadastre de la fin du XIXème siècle, le Domaine est déjà constitué des mêmes terres que celles qui le composent aujourd’hui.

À une autre époque, Alphonse de Lamartine fréquente le lieu, et ceux qui connaissent le vallon de Saint-Laurent l’imaginent facilement composant quelque poème lors d’une visite à son ami Michel-Edouard Dubois. Durant des siècles, les propriétaires se succèdent et les arpents de vignes les plus escarpés du Domaine font place à des pâturages. Au début des années 1990, le Domaine est mis à la vente. L’activité agricole est alors entièrement consacrée à l’élevage bovin charolais semi-extensif.

En 1992, un collectif constitué de trois familles d’agriculteurs engagés dans un projet étroitement lié à la biodynamie s’intéresse au Domaine. Une association est tout d’abord constituée pour porter le projet puis rapidement une Société Civile Immobilière est constituée pour soutenir le projet et acquérir le foncier à savoir 130 hectares de terres agricoles dont 40 hectares de forêt ainsi qu’un ensemble de bâtiments agricoles et d’habitation. Ce sont alors quelques 80 personnes qui se rassemblent pour porter un projet commun autour de la biodynamie, projet dans lequel social, économique, écologique et agricole sont entièrement intriqués. Cette SCI portera pendant plus de 20 ans ce foncier agricole permettant le déploiement d’une exploitation agricole diversifiée (élevage, maraîchage, céréales) organisée en GAEC. L’association de son côté perdurera pour faire vivre le lien à l’anthroposophie.

Parallèlement et dès le démarrage du projet, est détachée de la propriété l’ancienne maison bourgeoise. Cette maison, qui avait subit juste avant l’acquisition du Domaine par la SCI un important incendie, devient elle la propriété de la fondation Paul Coroze, qui offre des bourses à des jeunes désireux d’acquérir la formation nécessaire pour promouvoir les méthodes novatrices de Rudolf Steiner dans les domaines tels que la pédagogie, l’agriculture, les arts, la médecine… En lien étroit avec le projet agricole, la maison est dans un premier temps destinée à abriter une école d’agriculture biodynamique, projet qui ne verra finalement jamais le jour. La remise en état se fait progressivement grâce à de généreuses donations et l’implication de nombreux bénévoles.

Les différents acteurs qui font le Domaine dans les années 90 portent alors le projet à l’échelle du Domaine Saint-Laurent ont alors l’ambition de : constituer et développer un domaine agricole diversifié, en culture bio-dynamique ; créer une structure d’accueil pour des activités culturelles, artistiques et pédagogiques ; faire émerger un pôle de recherche liée aux autres activités.

Les projets et les équipes se succèdent par la suite pour nourrir puis faire évoluer cette impulsion initiale et donner au Domaine Saint-Laurent le visage qu’il a actuellement. Pendant plus de 20 ans, les fermiers rassemblés en GAEC oeuvrent au développement des activités agricoles du Domaine, répondant à la demande toujours croissante d’une clientèle fidèle, sensible à la qualité des produits vendus et au sens d’une agriculture de proximité. L’association de son côté prend en main la gestion d cela maison bourgeoise appelée maison d’accueil et y propose de l’hébergement, de la restauration, accueille des classes, des groupes en formation, des familles…

Quelques 20 ans après l’acquisition du Domaine, la SCI se rapproche de Terre de liens pour envisager l’acquisition du domaine par cette foncière nationale dont c’est la vocation de mettre à disposition de fermiers des terres agricoles préservées de la spéculation foncière. En 2014, le Domaine Saint-Laurent devient la 100ème ferme Terre de liens.

En 2017, l’équipe de fermiers du GAEC prend la décision de quitter le label Demeter tout en continuant à travailler de toute évidence dans le sens du respect du cahier des charges de l’agriculture biologique. Cette même année, en lien avec cet éloignement progressif de l’approche biodynamique, l’association du Domaine s’éloigne elle-aussi de l’anthroposophie dans ses statuts tout en poursuivant sa volonté de faire du Domaine un lieu de partage, d’expérimentation et de transmission.

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